mardi 22 juin 2010
A propos des monastères ...
C'est le calme, la sérénité dans le silence. Un silence qui parle. Au fond, sur l'autel lumineux, le tabernacle, et dessus le mot PAX. Tout s'est arrêté à l'entrée de la chapelle. D'un seul coup, je suis dépouillé de tout. J'ai l'âme à nu. Le choc est celui de la douceur, de la certitude. Il n'est plus besoin d'avancer, de bouger. On reste là baigné dans un flot de force, de tendresse. C'est au-delà d'une symphonie, c'est en plein dans l'harmonie de la vie. C'est une sensation de bonheur et d'éternité. Lorsque l'on sort de la chapelle du monastère, la vibration de soi est si forte que toute la vision du monde a changé. Je ressens cette impression d'intensité dès que je rentre dans le choeur silencieux d'une cathédrale, ou d'une église. Mais la force d'un monastère, c'est d'être cette nef au milieu de la nature, comme la traversant. Au printemps ou en été, dans un flamboiement de vie.
jeudi 25 mars 2010
Entretien avec un Inconnu. -(Faillite du christianisme ? 100 p. 12€)
Deux premières pages:
ENTRETIEN AVEC UN INCONNU
- Cher Monsieur, me dit-il. Voilà un étrange tableau. Cet homme derrière ces gens qui se pressent autour d’une table, semble faire un signe à celui qui est assis de l’autre côté.
- J’aime bien ce Caravage, lui répondis-je Il décrit magnifiquement avec ses clairs-obscurs la scène que raconte saint Luc. Tenez, lisez :
« En passant, Jésus vit un collecteur d’impôt nommé Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau de la douane, et lui dit : « Suis-moi ». Et, se levant, il le suivit… »
- « Matteo » qui est écrit au bas du tableau, c’est Matthieu, n’est-ce pas ?
- Oui, Lévi-Matthieu. Et saint Luc ajoute un peu plus loin : « Et Lévi lui offrit un grand festin dans sa maison… »
Nous sommes sortis de Saint-Louis des Français encore tout imprégnés des douceurs des tons et de la lumière de ce peintre au destin tragique, et soudain, l’inconnu se retourna, et me dit :
- Je vois très mal Jésus festoyant.
Je lui fis remarquer qu’il avait la même réaction que les moines qui avaient commandé un tableau de la « Cène », à Véronèse, et avaient été choqués devant celui que le peintre leur avait présenté, et avaient porté plainte devant le tribunal de l’Inquisition, à Rome.
- Et alors ?
- C’était impensable pour eux que Jésus, venu pour le martyr, festoie au milieu de nains, de buveurs, d’animaux, et Véronèse a failli être condamné. Heureusement cela s’est arrangé. Il a changé le titre, le tableau est devenu « Le repas chez Lévi », scène dont nous parlons, et il se trouve aujourd’hui au musée de l’Accademia, à Venise… Mais souvenez-vous : Jésus était aussi présent, avec Marie, sa mère, aux « Noces de Cana ». dont le même Véronèse a fait le célèbre tableau qui est au Louvre…
- C’est vrai, j’avais oublié : la transformation de l’eau en vin. Oh ! Pour moi, tout cela est si lointain !
ENTRETIEN AVEC UN INCONNU
- Cher Monsieur, me dit-il. Voilà un étrange tableau. Cet homme derrière ces gens qui se pressent autour d’une table, semble faire un signe à celui qui est assis de l’autre côté.
- J’aime bien ce Caravage, lui répondis-je Il décrit magnifiquement avec ses clairs-obscurs la scène que raconte saint Luc. Tenez, lisez :
« En passant, Jésus vit un collecteur d’impôt nommé Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau de la douane, et lui dit : « Suis-moi ». Et, se levant, il le suivit… »
- « Matteo » qui est écrit au bas du tableau, c’est Matthieu, n’est-ce pas ?
- Oui, Lévi-Matthieu. Et saint Luc ajoute un peu plus loin : « Et Lévi lui offrit un grand festin dans sa maison… »
Nous sommes sortis de Saint-Louis des Français encore tout imprégnés des douceurs des tons et de la lumière de ce peintre au destin tragique, et soudain, l’inconnu se retourna, et me dit :
- Je vois très mal Jésus festoyant.
Je lui fis remarquer qu’il avait la même réaction que les moines qui avaient commandé un tableau de la « Cène », à Véronèse, et avaient été choqués devant celui que le peintre leur avait présenté, et avaient porté plainte devant le tribunal de l’Inquisition, à Rome.
- Et alors ?
- C’était impensable pour eux que Jésus, venu pour le martyr, festoie au milieu de nains, de buveurs, d’animaux, et Véronèse a failli être condamné. Heureusement cela s’est arrangé. Il a changé le titre, le tableau est devenu « Le repas chez Lévi », scène dont nous parlons, et il se trouve aujourd’hui au musée de l’Accademia, à Venise… Mais souvenez-vous : Jésus était aussi présent, avec Marie, sa mère, aux « Noces de Cana ». dont le même Véronèse a fait le célèbre tableau qui est au Louvre…
- C’est vrai, j’avais oublié : la transformation de l’eau en vin. Oh ! Pour moi, tout cela est si lointain !
L'Epée de l'Apocaypse ou la Conjuration des Anges, Polar fantastique, 430p. 22€
extraits :
« -Pourquoi veut-on vous tuer ? demanda Marceau en scrutant Edouard.
-Je ne sais quoi vous dire, monsieur le commissaire.
Marceau leva les bras au ciel, excédé par l’attitude du jeune homme.
-Deux tueurs vous poursuivent, vous tirent dessus, et vous n’avez rien à dire ! Si je comprends bien, vous attendez d’être mort pour que la police scientifique fasse « parler » votre cadavre ? »
*
« La porte s’ouvrit avec fracas. Ovidius, le vigile, livide, les yeux exorbités de terreur s’écroula sur Martin.
-Mais qu’est-ce qui t’arrive ? hurla celui-ci
Dans un souffle, Ovidius désigna la pièce voisine.
-Là, le macab…
Avant que Martin ait pu comprendre, une forme dans un linceul s’abattit sur lui… »
*
« Une lumière sourde tombait de petits soupiraux à barreaux. Soudain il sentit un souffle, une masse noire, une griffure dans ses cheveux. Edouard leva instinctivement le bras, des serres d’un volatile le blessèrent à la main. Il étouffa un cri de frayeur et de répulsion, et roula sur les dernières marches. Pamela se précipita et heurta un mur invisible. Elle tâta les parois de cette « vitre » qui la bloquait, et à travers laquelle elle apercevait, épouvantée, Edouard étendu au bas de l’escalier. »
« -Pourquoi veut-on vous tuer ? demanda Marceau en scrutant Edouard.
-Je ne sais quoi vous dire, monsieur le commissaire.
Marceau leva les bras au ciel, excédé par l’attitude du jeune homme.
-Deux tueurs vous poursuivent, vous tirent dessus, et vous n’avez rien à dire ! Si je comprends bien, vous attendez d’être mort pour que la police scientifique fasse « parler » votre cadavre ? »
*
« La porte s’ouvrit avec fracas. Ovidius, le vigile, livide, les yeux exorbités de terreur s’écroula sur Martin.
-Mais qu’est-ce qui t’arrive ? hurla celui-ci
Dans un souffle, Ovidius désigna la pièce voisine.
-Là, le macab…
Avant que Martin ait pu comprendre, une forme dans un linceul s’abattit sur lui… »
*
« Une lumière sourde tombait de petits soupiraux à barreaux. Soudain il sentit un souffle, une masse noire, une griffure dans ses cheveux. Edouard leva instinctivement le bras, des serres d’un volatile le blessèrent à la main. Il étouffa un cri de frayeur et de répulsion, et roula sur les dernières marches. Pamela se précipita et heurta un mur invisible. Elle tâta les parois de cette « vitre » qui la bloquait, et à travers laquelle elle apercevait, épouvantée, Edouard étendu au bas de l’escalier. »
mercredi 24 mars 2010
Un chef d'oeuvre :LA SALANGANE ou LA PETITE FILLE AU BORD DU CHEMIN - Htz-Athéna, 190p. 15€.
Roman-récit de Henry T.Zaphiratos et Marie Thérèse Haberlay (Fleur)
LA SALANGANE c'est le nom de l'hirondelle des Mers du Sud, et c'est le nom de "FLEUR"
une petite fille de huit ans qui fuit la guerre et la dictature.
Un chef-d'oeuvre salué par tous ses lecteurs dont Michel Déon.
Une oeuvre forte et sensible sur les souffrances, le combat de cette petite Fleur et de sa famille, à travers la guerre dans un régime qui deviendra celui de Pol Pot, et qui par son énergie arrivera à sauver les siens. Déjà, elle a perception de la dictature qui va s'abattre sur son pays, à travers les slogans, les mots d'ordre, les exécutions
dramatiques de ses propres cousins.
Un récit bouleversant écrit dans un style sobre, efficace d'une tragédie, qui préfigure
celle des Boat-People.
A lire absolument.
LA SALANGANE c'est le nom de l'hirondelle des Mers du Sud, et c'est le nom de "FLEUR"
une petite fille de huit ans qui fuit la guerre et la dictature.
Un chef-d'oeuvre salué par tous ses lecteurs dont Michel Déon.
Une oeuvre forte et sensible sur les souffrances, le combat de cette petite Fleur et de sa famille, à travers la guerre dans un régime qui deviendra celui de Pol Pot, et qui par son énergie arrivera à sauver les siens. Déjà, elle a perception de la dictature qui va s'abattre sur son pays, à travers les slogans, les mots d'ordre, les exécutions
dramatiques de ses propres cousins.
Un récit bouleversant écrit dans un style sobre, efficace d'une tragédie, qui préfigure
celle des Boat-People.
A lire absolument.
Inscription à :
Articles (Atom)